Aller au contenu


Photo

Chapitre "men In The Mirror" - David Gest


  • Veuillez vous connecter pour répondre
Aucune réponse à ce sujet

#1 helenya

helenya

    Dancing Machine

  • Membre
  • PipPip
  • 59 messages

Posté 19 novembre 2017 - 20:24

En 2007, David Gest, un grand ami de Tito et Michael jackson a sorti son autobiographie "Simply The Gest". 

Il y raconte entre autre sa relation avec les membres de la fratrie Jackson, en particulier Michael, Tito et La Toya. 

Il commence à fréquenter Michael en 1971 et s'en est suivie une longue amitié. 

 

euya.jpeg

 

 

Dans le chapitre Men In The Mirror que j'ai traduit ci-dessous, il raconte ses déboires avec la chirurgie esthétique et sa relation avec Michael et partage plein d'anecdotes rigolotes.

 

 

 Men in the Mirror

 

 

Un jour de 1977, j’organisai une réunion-déjeuner avec Burt Bacharach que je venais juste d’embaucher, ainsi que Jerry Moss, le ‘M’ de la très grande maison de disques A&M qu’il dirigeait avec Herb Alpert. Nous allâmes dans un des meilleurs restaurants italiens de Bevery Hills.

            Ce fut un déjeuner très productif, à discuter de la publicité pour le nouvel album A&M de Burt, Woman mais alors que nous étions assis à discuter, quelque chose me frappa soudainement. Jerry et Burt avaient 15 et 18 ans de plus que moi. J’avais vingt-quatre ans et ils étaient tous les deux dans leur quarantaine. Le fait est qu’ils avaient tous les deux l’air plus jeune, en meilleure santé et ils étaient bien plus beaux que moi. Je me suis soudain senti très laid assis à côté.

            Ma période passée à New York avec London Record (note : label indépendant à Londres) et les ennuis que j’avais traversés avec Al Green m’avaient fichu un coup physiquement. Je suis le type de personnes, qui, quand elle n’est pas heureuse prend vraiment du poids. Je suis revenu de New York pesant à peu près 100 kilos. J’avais un triple menton et un nez énorme et je me comparais à ces gars lors de cette réunion et pensais à l’air horrible que je devais avoir.

            Je me souviens être allé aux toilettes ce jour-ci et m’être regardé correctement dans le miroir pour la première fois depuis des années et avoir réalisé ce que j’étais devenu. Je savais exactement ce que j’avais besoin de faire.

            Avec les années, Michael et moi étions devenus meilleurs amis. Nous étions comme des frères. Même si nous venions de différents milieux, nous avions de bien des manières beaucoup en commun. Terriblement beaucoup.

            Nous vivions tous les deux des moments difficiles sous l’emprise de nos pères mais nous n’en parlions jamais beaucoup. Peut être qu’en conséquence nous étions tous les deux des personnes passionnées. Nous avions tous les deux besoin de réaliser des choses.

            Dès le plus jeune âge, l’objectif de Michael était d’être la plus grande star du monde. Il était si passionné, si motivé à battre les records des Beatles, tous les records d’Elvis Presley. Il voulait être le roi. Cela avait plus de valeur à ses yeux que n’importe quoi d’autre. Il était à présent parti des Jackson Five, il travaillait sur son premier grand album solo, Off The Wall, et était déterminé à ce que cela devienne son premier record de la liste. 

            Une autre chose que nous avions en commun était notre insécurité à propos de notre physique. À l’époque, nous avions tous les deux des grandes coupes afros et une vilaine peau. La coupe afro de Michael était énorme et il l’entretenait avec de l’huile qui la maintenait dans de bonnes conditions. Malheureusement, cela faisait apparaître sur son front plein de boutons d’acné. Il était souvent à mon appartement à Doheny. Et il allait au lit avec un pantalon enroulé autour de ses cheveux pour que l’huile ne dégouline pas sur son front la nuit. Il fallait voir ça.

            Nous nous mettions des tonnes et des tonnes de Clearasil sur le visage. À l’époque, je suis sûr qu’on aurait dit que nous venions d’une autre planète. Nous riions comme des hystériques parfois en nous regardant dans la glace, enduits de ce truc.

            Quelques jours après mon déjeuner avec Burt et Jerry, je voulus voir Michael. Je pus lui en parler. Je sus aussi qu’il avait un chirurgien plastique, du nom de Steven Hoefflin, qui avait travaillé à affiner légèrement son nez.

            "Quand tu as fait ce truc à ton nez" demandai-je, "Tu t’es senti mieux après ?"

            "Ouais" dit-il. "Pourquoi ?"

            "Parce que je pense que j’aimerai changer mon apparence."

Michael me mit en contact avec Steven et je le rencontrai à son bureau à Santa Monica. Il me mit immédiatement l’aise. C’était un homme brillant et sympathique.

            Enfant, je ne m’étais jamais soucié de mon physique. J’avais toujours pu attirer les filles et je ne pensais jamais à cela. Maintenant c’était différent. Il y avait beaucoup de choses avec lesquelles je n’étais pas heureux. J’avais un nez très crochu et je n’aimais pas mon menton. Je trouvais qu’il n’avait pas l’air assez marqué. 

            Steven me montra quelques dessins de ce qu’il pouvait faire pour moi. Il suggéra de modifier mon nez crochu et de mettre un implant au menton. Il suggéra ensuite de mettre des implants dans les pommettes afin de les remonter et de faire un lifting pour me débarrasser de mon triple menton.

            Peu de temps après, je commençai la chirurgie. La première intervention fut mon nez. Je me sentis bizarre d’y aller. Je n’étais pas vraiment sûr du résultat.

            Je vivais toujours à Doheny et Michael venait s’occuper de moi pendant que je récupérais. Il a été super. Il resta avec moi une semaine. Très peu de temps après, je subis la deuxième intervention, l’implant au menton et il s’occupa de moi aussi à ce moment-là.

            Au final, Michael resta avec moi durant trois semaines. Il était d’une compagnie fantastique. Nous aimions traîner. Nous restions à écouter plein de disques. Nous regardions aussi des comédies et des policiers, que Michael adorait.

            Cela peut sembler étrange pour certaines personnes mais Michael veillait littéralement sur moi. Il s’occupait de moi.

            Sa mère et La Toya venaient nous apporter de la nourriture. Je n’oublierai jamais ce jour où elles apportèrent des boîtes de nourriture à l’appartement. Je n’ai jamais été vraiment bon cuisinier. En fait, je ne savais pas exactement comment marchait un micro-ondes. La Toya non plus. Donc ce jour-là, quand elle colla le polystyrène du récipient dans le micro-ondes, le repas entier disparu. Tout ce qui resta fut une petite boule de polystyrène. Mme Jackson n’avait pas expliqué à La Toya qu’il fallait retirer la nourriture du polystyrène avant de le cuire. Michael était sorti ce jour-là. Quand il revint, il fut plié de rire par terre pendant une heure.

            Une des choses que j’appréciais le plus dans le fait de passer du temps avec Michael était qu’il ne me jugeait pas pour ce que je faisais et il n’était pas dérouté par mon apparence après les interventions. Je me souviens que ma vieille amie d’enfance Sandi Berg était passée me rendre visite. Je l’avais appelée et lui avais demandé de nous apporter des films à regarder pour Michael et moi. Je voulais lui faire une surprise, donc je lui dis que je ne me sentais pas bien parce que je ne venais de me faire enlever les amygdales.

            Je n’oublierai jamais son regard quand elle ouvrit la porte et vit ma tête, bleue et noire comme si je sortais d’un accident de voiture. Elle fut ahurie. Elle me dit plus tard qu’elle avait cru mourir.

            Michael se faisait faire des opérations aussi, surtout au niveau du nez. Donc quelques semaines plus tard, après une intervention, je lui rendis la pareille et m’occupai de lui.

            Michael resta à nouveau chez moi à Doheny. Nous jouions au jeu où l’on doit deviner la date exacte de la sortie d’un album. Si je gagnais, j’avais quelque chose comme son costume de The Wiz, le film dans lequel il avait joué avec Diana Ross. S’il gagnait, il avait un de mes albums ou livres rares. Nous étions toujours en train d’échanger des choses ou de jouer à des jeux.

            Notre expérience durant cette période nous rapprocha Michael et moi. Nous commençâmes par passer encore plus de temps ensemble. Quand nous sortions, nous n’aimions pas avoir la sécurité avec nous. Nous sortions toujours tous les deux.

            Nous chantions en voiture. Je suis une totale casserole et Michael me disait toujours : "Je ne vois pas du tout ce que tu chantes." Al Green et Whitney Houston disaient la même chose. Je taquinais aussi Michael sur sa manière de chanter. Un jour nous entendîmes une de ses vieilles chansons à la radio, ‘Ben’, et je dis : "Tu n’atteindras jamais plus ces notes." Il éclata de rire.

            En l’espace d’un an, la vie de Michael fut transformée. Off The wall sortit et il fut élevé au statu de vraie superstar mondiale. Son pas de danse innovateur devenait aussi légendaire.

            Ce qui étonnait toujours le gens était que je faisais faire des trucs à Michael. Quand nous avions besoin d’essence, je faisais toujours sortir Michael pour en mettre. Je n’ai jamais appris à en mettre. Encore maintenant, je ne sais toujours pas comment mettre la pompe dans le réservoir. Michael sortait et râlait : "Mais c’est moi la star !"  Il se tenait là, à remplir faire le plein et les gens venaient pour des autographes.

            Souvent, nous sortions pour acheter des disques et des antiquités. Nous allions à la Tower Records (note : chaîne de magasins de disques) à minuit, après la fermeture au public. Parfois Michael prenait 15 000  CD et la facture était de 8 000 $ ou 10 000 $ ou 12 000  $. Souvent il me donnait une grande partie de ce qu’il avait acheté. Il était toujours très généreux et sa générosité m’a beaucoup appris.  J’ai essayé de devenir généreux aussi.

            La leçon essentielle à apprendre dans la vie c’est qu’il est plus important de donner que de prendre. Je crois toujours à cela.

            À coté de cela, ce qui nous rapprochait vraiment était le fait que nous partagions le même sens de l’humour. Je crois que, pour certaines raisons, nous étions restés tous les deux des enfants dans notre cœur. Nous étions des farceurs incurables. Nous faisions toujours des blagues aux gens.

            Michael adorait téléphoner aux gens. Il faisait cela quand il venait chez moi. Il prenait le téléphone, appelait au hasard et commençait à ricaner.

            La personne décrochait et Michael disait : "Qui est-ce ?"

            Ça répondait quelque chose du genre : "C’est Lenore."

            Il continuait : "Oh, Lenore, écoute, nous allons divorcer, je ne peux plus supporter ça."

            Elle répondait : "Non, non, tu as la mauvaise… "

            Michael interrompait et disait : "Non, Lenore, n’essaie même pas avec moi. J’en ai fini avec toi. Nous diviserons la propriété en deux mais il faut passer par là."

            Puis il raccrochait, laissant la personne à l’autre bout du fil se demandant diable ce qui venait de se passer.

            Quand nous sortions au restaurant, il adorait s’amuser avec les serveuses. Si une serveuse arrivait tenant une assiette avec un BLT (note : sandwich) et des frites, nous volions toutes les frites pendant qu’elle marchait. Quand elle servait les clients, ils disaient : "Où sont les frites ?" Elle regardait paniquée, et marmonnait : "Mais je suis sûre qu’elles étaient là."

            Nous allions à Disneyland. Nous adorions tous les deux les montagnes russes. Parfois nous y allions 20 fois de suite.

            Michael portait souvent des déguisements. Une fois, il était en cheikh et j’étais son interprète. Nous allions dans un endroit appelé Carnation Restaurant à Dinesyland où ils servaient une super bonne salade de thon et des sandwichs. Michael mangeait seulement de la nourriture biologique, bien qu’à cette époque, il avait une conception étrange de qu’était l’alimentation biologique. Nous allions au Kentucky Fried Chiken (KFC). Michael pensait que si on enlevait la peau, ça devenait biologique. 

            En tout cas, ce jour là au restaurant Carnation, il y avait deux personnes âgées et un octogénaire venant de Croydon. Nous commençâmes à nous parler avec un accent arabe.

            Lorsque les deux femmes nous regardèrent, je me tournai vers l’une et expliquai : "Le cheikh Majolini voulait me dire que vous étiez une belle femme et votre amie aussi" dis-je.

            Ces deux femmes n’avaient probablement pas eu de compliments depuis vingt-ans donc elles commencèrent à sourire. Nous discutâmes. Elles demandèrent ce que faisait le cheikh ici et je répondis qu’il venait juste de divorcer de sa 97ème femme et était là pour voir son 154ème enfant.

            "Il a 154 enfants ?" demandèrent-elles, l’air choqué.

            "Qu’il connaît " dis-je. "Il a eu 97 épouses… " et je commençai à les nommer : "Jada, Jami, Shakira, Vera,… " avec Michael me les citant en arabe.

Il n’y avait rien de malicieux là-dedans. En fait Michael leur régla la note. Il était comme ça, à faire des blagues aux gens.

            Parfois, la blague tombait sur nous. La chose la plus drôle qui nous est jamais arrivée fut quand nous sortîmes un soir pour aller manger des crêpes. Il était une heure du matin et notre repaire habituel Dupars, était fermé donc nous allâmes dans une autre crêperie que nous connaissions sur Ventura Boulevard. Il y avait seulement un couple là-bas, en temps normal il y avait 150 personnes.

            La serveuse avait dans les soixante - soixante dix-ans. C’était en 1979, après la sortie de Off The Wall. Michael était l’artiste n°1 dans le monde. Elle ne le reconnaissait pas du tout.

           Nous nous assîmes à une table et elle vint nous demander ce que nous voulions commander. Je pris un accent saoudien : "Yamaka fallesh".

           Michael commença à rigoler. La serveuse gifla Michael au visage avec le dos de sa main. Elle dit : "Ce n’est pas drôle. Votre ami vient d’un pays étranger et vous devez respecter les gens qui viennent des pays étrangers." 

           Michael devint nerveux. Il n’était pas habitué à être traité de la sorte en public.

Il se glissa plus loin à l’intérieur de la banquette pour ne plus être à nouveau giflé.

           Je demandai : "C’est quoi des crêpes ? Pouvez-vous nous expliquez s’il-vous-plaît."

           La serveuse commença à mimer d’un geste vif. Elle dit : "C’est comme un gâteau que vous pressez."

           Michael commença à rigoler de nouveau et elle essaya encore de mettre sa main, alors il glissa encore plus loin.

           Puis elle dit : "D’accord, je vais vous emmener à la cuisine." Elle et le cuisinier nous montrèrent comment faire des crêpes. J’en commandai.

           Quand les crêpes arrivèrent à notre table, je pris la bouteille de sirop et la versa entièrement sur les crêpes.

Elle me gifla immédiatement au visage. Ça fit mal.

           "Ce n’est pas drôle" dit-elle. Michael rigolait encore.

           Elle m’apporta une nouvelle fournée et je les mangeai. Quand nous partîmes, Michael lui laissa 200 $ de pourboire.

           Nous étions au parking, vers la Rolls Royce de Michael, quand la serveuse arriva vers nous en courant.

           "Je ne prends pas ça. Vous les gars vous êtes probablement au lycée et vous avez besoin de cet argent" dit-elle, ne remarquant même pas la voiture qu’il conduisait.

           Michael insista mais elle répondit : "Non, je ne le prendrai pas." Nous avions du mal à le croire.

 

En novembre 1979, mon père mourut soudainement. Il avait cinquante-huit ans. La distance qui nous séparait quand j’étais enfant était restée depuis.

            Nous nous voyions l’un l’autre. Il respectait le fait que j’étais rentré dans l’industrie musicale de mon propre chef, sans l’aide de personne. Il avait été à quelques uns de mes concerts. Il a vu Al Green et les Doobies quand ils jouèrent à Los Angeles. Il n’y a juste jamais eu de réelle connexion entre nous.

            Honnêtement, quand j’entendis la nouvelle de sa mort, je ne fus pas affecté du tout par son décès. Ce sont plus les circonstances autour de sa mort qui m’affectèrent. Mon père est mort en trompant ma mère. Il était tombé raide mort d’une attaque cardiaque en quittant le domicile de sa maîtresse. Il est mort devant sa porte d’entrée. Ça avait dû être une super soirée.

            Personne ne veut entendre que son père trompe sa mère. Savoir que ce fut la dernière chose qu’il avait faite m’était encore plus dur à encaisser. Je n’étais pas en colère. Autant que j’étais concerné, c’était sa vie. Je ne me mêlais jamais à ce que les autres faisaient. Au final, les gens doivent prendre leurs responsabilités pour leurs actions.

            Mes amis me soutinrent aux funérailles. Je me souviens que Randy et Tito Jackson vinrent, comme beaucoup de mes amis dans l’industrie musicale à Los Angeles ainsi que le meilleur ami de mon père, Aaron, qui était aussi un très bon ami à moi. J’étais aussi très touché de voir Michael à la maison à Encino, où ma mère vivait toujours. Il était alors la plus grande star du monde entier et sollicité partout. Il savait que mon père et moi n’avions jamais été proches et que ce n’était pas l’amour fou entre nous. Que Michael Jackson prenne le temps de venir et faire ses condoléances signifiait beaucoup pour moi.

           Je considérais mes clients comme une extension de ma famille et les faisais souvent se rencontrer. Michael McDonald, Michael Jackson et moi sortions souvent ensemble. J’étais le chef de la bande à ce moment-là. Nous allions tous les trois voir Diana Ross au Forum de Los Angeles, et d’autres fois nous allions juste au Dairy Queen, un glacier près de mon bureau. Nous prenions toujours du bon temps.

            Un soir, Michael Jackson et moi allions au Roxy voir les Four Tops qui venaient juste de quitter la maison Motown pour ABC/Dunhill et qui faisaient encore des tubes. Stevie Wonder était là aussi dans le public.

            Ensuite, Michael et moi partîmes en coulisses pour rencontrer le leader du groupe, Levi Stubbs, que nous connaissions tous les deux. Je le félicitai d’une grande embrassade. "Levi, tu es le plus grand chanteur. Je trouve que tu es incroyable" dis-je.

            Michael dit la même chose. "Levi, j’ai tout appris de toi. Tu es le meilleur."

            Avant de savoir ce qui lui arrivait, Michael fut pris à part par Stevie Wonder, qui se tenait derrière lui. Il le plaqua contre le mur et commença à le secouer.

            "Qui est le meilleur ? " demanda-t-il. "De qui as-tu tout appris ?"

            Michael changea vite de camp. "Toi Stevie, toi." dit-il. "Relâche-moi. "

            Nous avions tous ri. Nous savions que Stevie plaisantait.

            Une autre fois, j’ai mis Michael avec Burt Bacharach et Carole Bayer Sager. Ce fut une soirée mémorable, surtout parce que ce fut la première fois que Michael but du vin.

            Nous étions sortis pour dîner dans un endroit appelé Chez Dominic, un boui-boui sur la route Cedar Sinai Hospital sur Beverly Boulevard à Los Angeles. Burt adorait aller là-bas. Carole enregistrait son deuxième album pour Elektra et voulait voir Michael.

             Michael logeait chez moi à Doheny et était content de venir. Il respectait vraiment Burt mais se demandait, comme nous tous, ce qui le faisait tiquer.

            Burt commanda une bouteille de vin français très chère, que lui et Carole ont bue. Michael ne buvait jamais mais ce soir-là, il était intéressé.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il ne savait même pas ce qu’était le vin.

            "Il y a quoi dedans ?" me demanda-t-il.

            "Des raisins " lui dis-je.

            "J’aime bien les raisins" dit Michael." Je crois que je vais essayer."

            Nous servîmes à Michael un verre qu'il but. Il aima manifestement car il en prit un autre. Nous buvions un Pomerol 1982 qui avait un goût acidulé, donc il était très enclin à aimer ça. 

            À ce moment-là, nous avions tous pris un verre ou deux et la bouteille fut finie. Burt commanda donc une deuxième bouteille. Cette fois-ci, Michael but la bouteille pratiquement à lui tout seul. Il prit aussitôt goût pour le vin et l’engloutissait d’une traite. Nous commandâmes donc une troisième bouteille et Michael en but presque la totalité aussi. C’est là que je sus que nous allions avoir des problèmes.

            La soirée se finit, et je ramenai Michael chez moi. Il était, bien entendu très joyeux. En fait, il planait très très haut. Dans la voiture, il parlait et rigolait. Il chantait : "I Want to Be Where You Are" et "Never Can Say Goodbye". Puis il commença à chanter quelques un de ses tubes comme ‘Ben’. Il n’arrêtait pas de glousser.

            "Tu as avoir des problèmes" dit-il. "Je vais dire à Joseph ce que tu as fait."

            Je n’allai pas rentrer dans son jeu. "Je n’ai rien fait. Tu as fait ça." dis-je.

            Nous arrivâmes chez moi en quelques minutes. Je garai la voiture et lui ouvrai la porte, et l’instant d’après Michael se baissa et vomit partout par terre. Il passa la nuit au-dessus des toilettes. Il était malade comme un chien. Je restai à ses côtés toute la nuit.

            Il n’arrêtait pas de dire : "Je vais dire à Joe que tu m’as corrompu." J’étais un peu inquiet qu’il le fasse mais il ne l’a jamais fait.

            Ce fut sa première expérience avec le vin, une chose qu’il aimera un peu trop quelques années plus tard. Je me suis toujours senti mal en repensant à cette soirée mais c’est clair que c’était drôle !

            Dans l’ensemble, j’avais passé trois ans à faire des interventions de chirurgie esthétique. Ce fut fini vers au début des années quatre-vingts. Je fus assez satisfait de ce que Steven Hoefflin avait fait sur moi. Il avait allongé mon visage en mettant un implant au menton, puis ajouté une fissure au menton et m’avait embelli avec des pommettes. Je me sentais mieux physiquement. Et la cerise sur le gâteau était que j’avais perdu beaucoup de poids grâce à un régime. J’étais descendu de 109 kg à 68 kg. Je m'étais vraiment ressaisi.

            Je n’avais pas la sensation de devoir faire d’autres interventions à mon visage. Michael n’en était pas aussi certain. Nous allions sortir un jour et Michael commença à me regarder de haut en bas. "Es-tu sûr de ne pas vouloir affiner encore plus ton nez ?" dit-il.

            Je me regardai longuement dans la glace et dis : "Non, c’est bon. Je suis content maintenant." Malheureusement, je ne fus pas aussi catégorique quand je renouvelai l’expérience quelques mois plus tard, ce qui me persuada finalement de cesser définitivement.

            Il se trouva que j’allai rencontrer un autre chirurgien plastique. Il vit que j’avais fait refaire des choses et nous commençâmes à discuter. Il ne tarit pas d’éloges sur le travail accompli part Steven Hoefflin.

            "Ça vous va bien" dit-il, mais les chirurgiens, comme les artistes, ont leurs égos et ne peuvent pas s’empêcher de se vanter un peu.

            "Je crois que je peux encore t’arranger" me sourit-il. Encore mieux, il me dit qu’il pouvait le faire gratuitement. Je serai son panneau publicitaire.

Alors encore une fois je fis une intervention et fit mettre des implants dans mes pommettes insérés au-dessus de mes implants déjà installés. Grave erreur.

            Ce fut environ cinq mois plus tard que je réalisai ce que le docteur avait fait sur moi, ou plutôt ce que je m’étais fait faire. Je n’oublierai jamais le moment où je me suis regardé dans la glace comme si je rentrai dans un ascenseur et où j’ai pensé : "Je ressemble à un Martien." Je me rendis soudain compte que les implants qu’il m’avait posés donnaient l’impression qu’un casque de joueur de football américain était collé à l’intérieur de mon visage.

            Michael n’était pas en ville à ce moment-là donc j’appelai mon amie Freda Payne et lui demanda sans détour ce qu’elle en pensait.

            "Freda, as-tu remarqué que mes nouvelles pommettes ont l’air exagérément hautes ?" demandai-je. "Tu peux être honnête avec moi."

            Il y eut un moment de silence puis elle commença à rigoler. "David, c’est la pire chose que tu pouvais faire. Elles ont l’air totalement ridicule.".

            Je revins donc vers Steven Hoefflin qui les retira. Ce fut la fin de mon histoire d’amour avec la chirurgie esthétique. C’était en 1981. Contrairement à ce que de nombreux tabloïds ont dit, je n’ai plus rien fait depuis.

            La seule petite chose que j’ai faite depuis est de me faire greffer des cheveux vers la fin des années quatre-vingts. Mes cheveux tombaient vraiment. Ça a aidé mais ça n’a pas marché sur le sommet du crâne et mes cheveux ont continuer à tomber. Je masque toujours les petits trous de mon crâne avec du fard à paupières noir de chez MAC (note : fabricant de cosmétiques). Diable, nous avons tous le droit d’avoir notre fierté d’une façon ou d’une autre.

             À part ceci, ma philosophie est simple. C’est moi, c’est ce que je suis. Prenez-moi ou quittez-moi.

 

 

Source : Chapitre 6 du livre Simply the Gest de David Gest

Traduction : Helenya de mjackson.fr et mjfranceforum






0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 membre(s), 0 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)

Site fondé par Rémy Bigot.